
Pourquoi Sivers peut-elle ĂȘtre vue comme un âmini-Lumentumâ cachĂ© ? Parce quâelle se place plus en amont dans la chaĂźne optique de lâIA, en fournissant les lasers qui pourraient alimenter les futures architectures optiques intĂ©grĂ©es des data centers. Le marchĂ© valorise dĂ©jĂ les grands noms du secteur, alors que Sivers reste encore peu regardĂ©e.
Quâest-ce qui rend son modĂšle intĂ©ressant malgrĂ© sa petite taille ? Le groupe combine un socle Wireless dĂ©jĂ commercial avec une division Photonics plus spĂ©culative, exposĂ©e Ă lâoptique pour lâIA, au LiDAR et aux partenariats avec Ayar Labs et POET. Cela en fait un dossier risquĂ©, mais moins binaire quâune sociĂ©tĂ© sans revenus ni produits dĂ©jĂ lancĂ©s.
OĂč se situe le vrai potentiel de crĂ©ation de valeur ? Dans la montĂ©e en puissance de la photonique, surtout si les architectures CPO et optical I/O sâimposent dans les data centers IA. Si les commandes se matĂ©rialisent, la base de coĂ»ts actuelle pourrait ĂȘtre fortement diluĂ©e et transformer le profil de marges du groupe.
Pourquoi le dossier reste-t-il spĂ©culatif malgrĂ© tout ? Parce que le timing dâadoption industrielle est encore incertain, la rentabilitĂ© reste en construction et la thĂšse dĂ©pend dâune exĂ©cution rĂ©ussie chez les partenaires. LâidĂ©e est donc dâen faire une petite position de long terme, avec un fort potentiel mais aussi un risque Ă©levĂ©.
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đžđȘ Sivers Semiconductors : un âminiâLumentumâ cachĂ© sur lâOMX ?
Identité
Capitalisation : 258 MâŹ
Place de cotation : Xetra ou Stockholm
Isin : SE0003917798
ĂligibilitĂ© au PEA : Oui
đ Introduction
Sivers Semiconductors est, Ă mes yeux, lâun des rares moyens encore sous les radars de se positionner sur la prochaine gĂ©nĂ©ration dâinfrastructure optique de lâIA, celle oĂč lâoptique ne sera plus un module enfichable mais une fonction directement intĂ©grĂ©e au plus prĂšs des puces de calcul. Pendant que le marchĂ© a dĂ©jĂ revalorisĂ© les champions de lâoptique actuelle Ă des multiples Ă©levĂ©s, Sivers reste traitĂ© comme une petite valeur pĂ©riphĂ©rique alors quâil fabrique prĂ©cisĂ©ment les lasers dont auront besoin les architectures optiques intĂ©grĂ©es des futurs data centers IA.
đ§âđ« PrĂ©sentation du business
Dans la chaĂźne de valeur, Sivers se situe en amont des acteurs les plus visibles. Lumentum fournit aujourdâhui les lasers pour les modules optiques âclassiquesâ que lâon vient brancher sous forme de transceivers sur les Ă©quipements rĂ©seau, au cĆur de la gĂ©nĂ©ration actuelle de data centers. Ă lâautre bout, des sociĂ©tĂ©s comme POET Technologies ou Ayar Labs conçoivent des moteurs optiques completsâŻ: elles achĂštent des lasers Ă des fournisseurs comme Sivers, les combinent avec de la photonique sur silicium et du packaging avancĂ©, puis vendent ces moteurs Ă des fabricants de systĂšmes ou Ă des clients finaux comme Nvidia, Intel ou Marvell. POET et Ayar ne sont donc pas des concurrents, mais des clients actuels ou potentiels qui dĂ©pendent des lasers de haute performance de Sivers pour faire fonctionner leurs moteurs optiques.
Un point clĂ© de la thĂšse concerne Nvidia. Ă ce stade, il nâexiste aucune preuve publique dâun contrat direct ou dâun accord bilatĂ©ral entre Nvidia et Sivers. Lâexposition Ă Nvidia est uniquement indirecteâŻ: via Ayar Labs, dont Nvidia est investisseur stratĂ©gique, et via les light engines coâdĂ©veloppĂ©s avec POET pour les futures plateformes IA. Sivers est donc un pari sur un maillon prĂ©cis de la chaĂźne de valeur de lâoptique intĂ©grĂ©e, et non sur une relation commerciale dĂ©jĂ contractualisĂ©e avec le gĂ©ant des GPU.
Le modĂšle actuel de Sivers
Le groupe repose sur deux piliers qui se renforcent mutuellementâŻ: le sansâfil (Wireless), moteur historique, et la photonique (Photonics), vecteur de montĂ©e en gamme et dâexposition directe Ă lâoptique pour lâIA. Sur lâexercice 2025, le chiffre dâaffaires total sâĂ©tablit Ă environ 304âŻMSEK (environ 28âŻM$), en croissance de 25âŻ% par rapport Ă 2024, et de 33âŻ% Ă changes constants. La division Wireless reprĂ©sente environ 70âŻ% de ce chiffre dâaffaires, soit un peu plus de 210âŻMSEK (environ 19â20âŻM$), avec une croissance dâenviron 35âŻ% sur lâannĂ©e. La division Photonics pĂšse environ 30âŻ% des revenus, autour de 90âŻMSEK (environ 8â9âŻM$), avec une progression proche de 8âŻ%.
La division Wireless adresse trois grands marchĂ©sâŻ: les communications par satellite (SATCOM), lâaccĂšs fixe sans fil (Fixed Wireless Access, FWA) de nouvelle gĂ©nĂ©ration et les applications pour la dĂ©fense et les infrastructures tĂ©lĂ©coms. Dans le domaine spatial, Sivers sâest positionnĂ© comme partenaire technologique pour des acteurs comme ALL.SPACE sur les terminaux multiâorbites et participe Ă des programmes europĂ©ens comme IRIS2, tout en dĂ©veloppant avec Doosan une prĂ©sence stratĂ©gique sur le marchĂ© corĂ©en des antennes Ă hautes frĂ©quences. Sur le segment FWA, le groupe travaille avec un grand Ă©quipementier tĂ©lĂ©com sur une plateforme 5G millimĂ©trique de nouvelle gĂ©nĂ©ration. Sur la dĂ©fense, Sivers fournit des briques radio avancĂ©es pour des systĂšmes de communication et des radars de nouvelle gĂ©nĂ©ration, ce qui lui ouvre un accĂšs Ă des budgets relativement rĂ©silients.
La division Photonics incarne cependant la face la plus avancĂ©e technologiquement du groupe. Elle conçoit et fabrique des lasers et amplificateurs optiques pour trois grandes familles dâapplicationsâŻ: centres de donnĂ©es et IA, LIDAR automobile, et clients issus du monde des fonderies et des sociĂ©tĂ©s sans usine. Dans les infrastructures de donnĂ©es, Sivers fournit dĂ©jĂ des lasers Ă plusieurs fabricants de transcepteurs optiques et collabore avec Ayar Labs sur lâoptical I/O intĂ©grĂ© au boĂźtier de la puce, ainsi quâavec POET Technologies sur des External Light Sources combinant les lasers de Sivers et lâOptical Interposer de POET, afin de proposer des blocs de lumiĂšre dĂ©diĂ©s au CPO et aux futures plateformes IA. Ces projets sont encore en phase de validation technique, avec des prototypes en cours et une montĂ©e en volume ciblĂ©e Ă partir de 2026â2027.
Le LIDAR constitue un deuxiĂšme moteur optionnel. Sur le marchĂ© automobile, Sivers a conquis un client majeur dont le nom reste confidentiel, avec une montĂ©e en cadence prĂ©vue entre fin 2026 et 2030 et une fourchette de revenus potentiels de lâordre de 53 Ă 138âŻM$. Ce contrat reprĂ©sente une opportunitĂ© structurelle et durable, capable dâasseoir la prĂ©sence de Sivers dans un segment en plein essor, auâdelĂ de la seule thĂšse IA. En parallĂšle, les clients fonderies, en particulier via le partenariat avec WINâŻSemiconductors, assurent un socle de revenus rĂ©currents et servent de terrain dâindustrialisation pour des produits Ă forte valeur ajoutĂ©e, tout en offrant la base industrielle nĂ©cessaire pour soutenir une Ă©ventuelle explosion des volumes en optique intĂ©grĂ©e.
Pour finir, Sivers vise un modĂšle asset light / hybrid fabless, et non un modĂšle dâintĂ©gration lourde avec de grandes usines propriĂ©taires. Le groupe exploite une fab 100 mm Ă Glasgow au sein de Sivers Photonics, principalement dĂ©diĂ©e Ă la R&D, au prototypage et Ă certaines productions en faibles volumes, ce qui lui permet de maĂźtriser la techno laser/photonique critique tout en limitant le niveau de CAPEX structurel. Pour les volumes industriels, Sivers sâappuie en revanche sur des fondeurs externes âblueâchipâ (par exemple GlobalFoundries pour lâactivitĂ© wireless, WIN Semiconductors et dâautres partenaires pour la photonics), ce qui permet de monter en capacitĂ© sans construire de mĂ©gaâfabs et de garder une base dâactifs relativement lĂ©gĂšre.
La stratĂ©gie industrielle correspond donc Ă un schĂ©ma âfab interne pour lâinnovation et le earlyâstage, fondries tierces pour le scaleâupâ, que le management dĂ©crit explicitement comme une approche flexible et assetâlight. Ce positionnement rĂ©duit lâintensitĂ© capitalistique du modĂšle, mais laisse subsister un risque dâexĂ©cution industriel liĂ© Ă la montĂ©e en puissance chez les partenaires (rythme de production, montĂ©e en cadence, qualification client), classique pour les acteurs fabless/photonics montants.
đ° Le contexte rĂ©cent
Sur les douze derniers mois, Sivers a commencĂ© Ă cocher les cases que lâon attend dâun âpure playerâ dâinfrastructure IAâŻ: accĂ©lĂ©ration de la croissance, Ă©largissement des partenariats stratĂ©giques et sĂ©curisation des capacitĂ©s industrielles. Le management indique que le chiffre dâaffaires 2025 atteint 304âŻMSEK (environ 28âŻM$), en hausse de 25âŻ%, et prĂ©cise que la croissance aurait Ă©tĂ© de 33âŻ% Ă changes constants. Surtout, le CEO souligne que le âopportunity pipelineâ a augmentĂ© de 64âŻ% sur lâannĂ©e pour atteindre 453âŻM$, ce qui signifie que le portefeuille dâopportunitĂ©s commerciales en discussion est passĂ© dâenviron 276âŻM$ Ă 453âŻM$ en un an, comme dĂ©taillĂ© dans la publication du T4 2025 et rĂ©pĂ©tĂ© lors de la confĂ©rence tĂ©lĂ©phonique de rĂ©sultats. Le management prĂ©sente ce portefeuille dâopportunitĂ©s comme un indicateur avancĂ© clĂ© de la croissance future du chiffre dâaffaires.
Sur le plan stratĂ©gique, Sivers a renforcĂ© ses accords les plus structurants. La sociĂ©tĂ© a annoncĂ© lâextension de son partenariat avec Ayar Labs pour industrialiser des solutions dâoptical I/O intĂ©grĂ©es au boĂźtier des puces destinĂ©es aux data centers IA. En parallĂšle, Sivers a signĂ© un accord de collaboration approfondi avec POET Technologies pour dĂ©velopper des light engines dĂ©diĂ©s au CPO, combinant ses lasers en phosphure dâindium avec lâOptical Interposer de POET, avec une feuille de route explicite de prototypes puis de montĂ©e en volume Ă partir de 2026.
Sur le LIDAR, le management a actualisĂ© la fourchette de revenus potentiels du client automobile stratĂ©gique, qui passe dĂ©sormais dans une plage dâenviron 53 Ă 138âŻM$ sur la durĂ©e de vie du programme, avec une montĂ©e en cadence attendue entre 2026 et 2030.
Ă fin 2025, on a environ 4,4 M$ de cash dispo, et, post-refinancement, enviro 17 M$ de dette brute structurĂ©e principalement sur 3 ans et 2029. Le groupe a clarifiĂ© sa situation financiĂšre en refinançant lâensemble de ses dettes externes via une nouvelle facilitĂ© de 17 M$, ce qui simplifie la structure de dette et repousse les principales Ă©chĂ©ances, rĂ©duisant le risque de refinancement Ă court terme.âŻSur la nouvelle facilitĂ© de 17 M$, la part convertible est de 12 M$, soit environ 70% du total et reprĂ©sente 7% du capital.
Ce quâil faut retenir : Nous avons donc une petite sociĂ©tĂ© avec plusieurs briques technologiques visiblement trĂšs prometteuse, et ce dans une multitude de domaine. Certains produits sont dĂ©jĂ commercialisĂ©s, dâautres sont en dĂ©veloppement, dâautres en test chez les clients⊠Pour le moment, la partie qui a potentiellement le plus fort potentiel (les lasers CPO pour serveur IA) nâest quâune petite activitĂ© en cours de lancement⊠A la diffĂ©rence de certaines petites sociĂ©tĂ© qui nâont quâun produit, ou dont les finances sont fragiles, Sivers a le potentiel pour pouvoir gagner sur les prochaines annĂ©es suffisamment dâargent sur ses activitĂ©s dĂ©jĂ en cours de lancement pour financer ses investissements et sa montĂ©e en puissance sur dâautres activitĂ©s comme les lasers.
đ LâĂ©volution des marges

La dynamique de croissance est bien orientĂ©e, mais la rentabilitĂ© reste en construction. En 2025, Sivers affiche un EBITDA ajustĂ© nĂ©gatif, lĂ©gĂšrement supĂ©rieur Ă â10âŻMSEK (environ â1âŻM$), encore en perte mais en amĂ©lioration dâenviron 30âŻ% par rapport Ă 2024. Le management met en avant lâeffet de levier liĂ© Ă la progression des volumes, lâaugmentation de la part des revenus de produits et un meilleur mix entre Wireless et Photonics pour expliquer cette amĂ©lioration. Le groupe reste cependant dĂ©ficitaire au niveau de lâEBIT, ce qui reflĂšte une phase dâinvestissement soutenu en R&D pour se positionner sur des marchĂ©s qui sont encore en phase de qualification, mais qui peuvent devenir massifs si lâoptique intĂ©grĂ©e se gĂ©nĂ©ralise.
Lâenjeu clĂ© est dĂ©sormais de transformer le portefeuille dâopportunitĂ©s de 453âŻM$ en commandes fermes et en volumes rĂ©currents.
Cela passe par trois frontsâŻ: la montĂ©e en cadence du contrat LIDAR automobile, la bascule des projets dâoptical I/O inâpackage avec Ayar Labs vers la production de sĂ©rie, et lâindustrialisation des light engines CPO dĂ©veloppĂ©s avec POET pour les futures plateformes IA.
Si Sivers rĂ©ussit ce passage Ă lâĂ©chelle avec quelques grands comptes, la base de coĂ»ts actuelle pourrait ĂȘtre fortement diluĂ©e et les marges sâamĂ©liorer sensiblement.
Les grands acteurs de lâIA infrastructure (Nvidia, AMD et leurs partenaires) communiquent dĂ©sormais explicitement sur le rĂŽle central des interconnexions optiques avancĂ©es, y compris lâoptique coâemballĂ©e, dans les prochaines gĂ©nĂ©rations de data centers, tout en reconnaissant que la transition sera progressive, avec une coâexistence prolongĂ©e des modules pluggables et des architectures actuelles. Dans ce contexte, si lâadoption industrielle de ces nouvelles architectures optiques devait prendre plus de temps que prĂ©vu, la montĂ©e en puissance de la division Photonics pourrait ĂȘtre repoussĂ©e, retardant le basculement vers une rentabilitĂ© plus importante. Le risque dâexĂ©cution reste donc Ă©levĂ©, mais il est typique dâun dossier de technologie en phase de bascule industrielle.
Ce quâil faut retenir : LâamĂ©lioration des marges est engagĂ©e mais encore prĂ©coce. En 2025, Sivers reste en EBITDA ajustĂ© nĂ©gatif, mais la perte se rĂ©duit dâenviron 30% grĂące Ă la croissance des volumes et Ă un meilleur mix produits. La clĂ© Ă court/moyen terme est la montĂ©e en puissance des contrats dĂ©jĂ signĂ©s (LiDAR auto, optical I/O avec Ayar Labs, light engines CPO avec POET), qui peut diluer une base de coĂ»ts dĂ©jĂ dimensionnĂ©e pour un business plus gros. La division Photonics est le principal potentiel âgame changerâ sur les marges, car elle sâinsĂšre au cĆur des futurs data centers IA tout en sâappuyant sur un modĂšle industriel assetâlight / fabless. Mais le timing de ce relai de croissance dĂ©pend de la vitesse rĂ©elle dâadoption des nouvelles architectures optiques par les hyperscalers, ce qui maintient un risque dâexĂ©cution Ă©levĂ©.
đ° La valorisation
Pour le moment, il est difficile de déterminer quel seront les marges du groupe dans le futur. Cela va dépendre de la montée en puissance des différents produits, et surtout de la potentielle montée en puissance de la photonic et des produits liés.
Actuellement, le titre se nĂ©gocie 4 Ă 5x les ventes, malgrĂ© une croissance importante (+30% en 2025), et un potentiel de croissance important Ă lâavenir, mĂȘme sâil est incertin.
Pour vous donner un ordre dâidĂ©e, Nvidia câest 8 Ă 12x les ventes, Lumentum câest 16 Ă 8x, POET, câest 12,3x les ventes 2027.
Bien Ă©videmment, un multiple du chiffre dâaffaire fait sens quand la boite nâest pas encore rentable. Cependant, ce multiple peut ĂȘtre trĂšs variable⊠car en rĂ©alitĂ©, câest la rentabilitĂ© qui compte, et donc dĂšs que lâentreprise aura un EBIT positif, un rĂ©sultat net, des free cash flow etc, ce seront les multiples de ces indicateurs qui compteront.
En attendant, ca peut donner un indication, certes, un peu doigt mouillé, mais mieux que rien.
Jâai projetĂ© une croissance de +20% par an des ventes sur 10 ans, ce qui nous donne un chiffre dâaffaires de 2,51 MdsSEK (268 M$) en 2036.
Ici, je suis dans un scénario ou la photonique progresse bien, et le reste suit, mais moins vite. Pour le reste du business (principalement le Wireless mmWave/SATCOM/FWA) un scénario à +10-15 % par an serait plus raisonnable.
Dans ce scénario, il faudrait que sur 3 à 5 ans, la photonique soit à +30 % ou plus pour justifier ce +20 % par an.
Avec un multiple de 6x les ventes (ici trÚs prudent), on aurait une capitalisation de 1,6 Md$ (vs 231 M$ à ce jour) en 2036, soit + 592 % de hausse, soit un rendement annualisé de +21,30 % sur 10 ans.
Avec un multiple de 8x les ventes, on aurait une capitalisation de 2,1 Mds$ (vs 231 M$ à ce jour) en 2036, soit + 809 % de hausse, soit un rendement annualisé de +24,70 % sur 10 ans.
Dans un scĂ©nario optimiste oĂč Sivers maintiendrait une croissance annuelle dâenviron 20% sur dix ans et rĂ©ussirait Ă industrialiser pleinement son portefeuille photonics / AI datacenters dans un modĂšle assetâlight, un profil de marges Ă la façon dâun fournisseur fabless/photonics mĂ»r (marge brute de lâordre de 45-50%, marge EBITDA Ă 25-40%) paraĂźt thĂ©oriquement atteignable, mais reste conditionnĂ© Ă une exĂ©cution sans faux pas sur la montĂ©e en puissance des programmes IA et LiDAR principalement.
Ce quâil faut retenir : Câest une entreprise risquĂ©e, câest indĂ©niable, mais moins risquĂ©e quâune biotech qui dĂ©pendrait que du succĂšs dâun produit en dĂ©veloppement.
Je trouve positif que cette boite ait dĂ©jĂ plusieurs produits qui lui rapportent, et que lâĂ©quilibre des finances est procheâŠ
Et je trouve positif que le potentiel liĂ© Ă lâIA et la photonique ne soit quâune possibilitĂ© parmi dâautres produits dĂ©jĂ lancĂ©s.
Valoriser ce genre de dossier trĂšs en amont est toujours difficile, mais au vu des partenariats dans la photonique entre Sivers et des boites de ce domaine, et du reste du portefeuille, câest un dossier que je trouve moins incertain que beaucoup dâautres dossier trĂšs early stage, sans revenu, parfois mĂȘme sans produit..
De ce fait, la valorisation semble intĂ©ressante. Lâavenir seulement nous dira si câĂ©tait une opportunitĂ© Ă©norme.
đ Le momentum
Sur cette valeur, le momentum est trÚs fort depuis peu, car le marché a redécouvert le positionnement de cette boite sur les lasers pour les centres de données.
De ce fait, la valeur va bĂ©nĂ©ficier dâun apriori positif sur le fait quâelle pourrait profiter de la vague de lâIA tant que le marchĂ© nâaurait pas de preuves contraires.
Dâun point de vue gĂ©nĂ©ral, toutes les news sur une poursuite du momentum dans lâIA seront positives, car cela dĂ©montrera que le secteur avance et quâil financera lâinnovation.
Dâun point de vue plus sectoriel, toutes les nouvelles sur le dĂ©veloppement du CPO avec des lasers intĂ©grĂ©s auprĂšs des gĂ©ants comme Nvidia ou Broadcom seront positives. Ici, il va falloir guetter les annonces des gĂ©ants sur ce domaine, mais aussi les annonces des acteurs plus spĂ©cialisĂ©s comme dans notre cas POET Technologies et Ayar Labs.
Pour finir, tout ce que pourra dire Sivers, sur le développement du CPO avec des lasers intégrés sera évidemment positif.
Cependant, toutes les annonces que pourra faire Sivers sur les autres domaines (Wireless, Lidar) seront positives, car elles sécuriseront le potentiel de ce dossier.
On a donc sur ce dossier un momentum avec un fort apriori positif.
đ§ââïž Mon avis
Le potentiel de cette boite, câest de faire X10 en 10 ans. Au vu de la croissance passĂ©e, faire 20% par an nâest pas du tout âimpossibleâ surtout dans un scĂ©nario ou la photonique explose.
Pour le moment, jâai une forte conviction sur Nvidia, sur la demande en datacenter etc. et donc sur tout lâĂ©cosystĂšme actuel.
Sivers, ça ne permet pas de miser sur cette tendance Ă court terme, mais plutĂŽt sur une poursuite de cette tendance, via un fort besoin dâinnovation dans ces domaines.
Les lasers de Sivers pour les datacenters permettent au client final de rĂ©duire fortement le coĂ»t de lâinterconnexion, surtout via des gains dâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique. En remplaçant les liens cuivre et les modules pluggables classiques, ces solutions visent jusquâĂ 80% de consommation en moins sur la partie optique et une densitĂ© de bande passante par rack plus Ă©levĂ©e pour une mĂȘme enveloppe de puissance. La centralisation des lasers rĂ©duit la redondance de composants, simplifie la gestion thermique et la maintenance, et abaisse capex et opex par Gbit/s transmis. Au global, Sivers ne fait pas baisser la conso des GPU euxâmĂȘmes, mais rĂ©duit significativement le coĂ»t Ă©nergĂ©tique et le TCO (Total Cost of Ownership) du « tissu optique » qui relie les GPU/CPU dans les datacenters IA des hyperscalers.
Dans le contexte actuel aux US, lâefficacitĂ© Ă©nergĂ©tique des data centers devient un critĂšre stratĂ©gique au mĂȘme niveau que la perf brute : la demande dâĂ©lectricitĂ© explose, le rĂ©seau est sous tension, et les projets sont parfois limitĂ©s par les MW disponibles plus que par le capex. Les techno type CPO + external light source avec lasers plus efficaces permettent de faire tenir davantage de calcul dans un site donnĂ©, ce qui est doublement crĂ©ateur de valeur : baisse de la facture Ă©nergie et augmentation de la « capacitĂ© utile » par MW contractĂ©.
Pour un acteur comme Sivers, chaque gain matĂ©riel dâefficacitĂ© sur le tissu optique se traduit potentiellement en MW « Ă©conomisĂ©s » par campus (ex. quelques pourcents de la puissance IT), qui peuvent reprĂ©senter des dizaines de millions de dollars de valeur implicite pour lâopĂ©rateur, bien auâdelĂ du coĂ»t unitaire des lasers. Ayant ça en tĂȘte, on peut penser que toutes les tensions liĂ©es Ă lâapprovisionnement Ă©nergĂ©tique des datacenters sont positives pour le developpement du CPO et des produits de Sivers.
Pour finir, compte tenu de son positionnement sur les lasers photoniques pour AI datacenters, LiDAR automobile et satcom, Sivers prĂ©sente une proposition technologique susceptible dâintĂ©resser plusieurs catĂ©gories dâacquĂ©reurs industriels (fournisseurs de modules optiques/lasers, Ă©quipementiers datacenters/AI, acteurs combinant RF et optique) ou des fonds spĂ©cialisĂ©s semi/photonics. Ă ce stade, aucune discussion formelle de rachat nâest publique, mais lâhistorique de projet de spinâoff de Sivers Photonics (en 2024) et sa volontĂ© affichĂ©e de rapprocher cette activitĂ© des marchĂ©s de capitaux et des Ă©cosystĂšmes clients US suggĂšrent quâune crĂ©ation de valeur via opĂ©rations stratĂ©giques (spinâoff finalisĂ©, partenariat capitalistique, voire M&A) reste une option Ă moyen terme.
â Bref, jâai ouvert lundi 16 mars une position en Sivers Semiconductors de 2% (PRU 0,62âŹ) dans le portefeuille PEA. Câest une valeur plus risquĂ©e que la moyenne, un pari sur lâavenir. De ce fait, il y a peu de chance que je renforce cette position. Elle doit rester un petite position pour le moment. Cependant, si son potentiel se matĂ©rialise, elle contribuera de façon importante Ă la performance du portefeuille. Mon horizon avec cette valeur est de 3 Ă 5 ans pour dĂ©buter, mais de 10 ans si ça avance bien !





