🏰 #45 - Le point sur Renault 🚗

  
0:00
-15:50

Bonjour Ă  toutes & Ă  tous,

Aujourd’hui, on fait le point sur Renault, une entreprise qu’on connait tous, mais pas forcement bien d’un point de vue boursier ! 📈



Le Point sur Renault

Pour celles et ceux qui vivent dans une caverne 🙃, Renault est un constructeur automobile français. đŸ‡«đŸ‡·

Plus sĂ©rieusement 👇

En chiffres, Renault c’est en 2020 :
  • 43 Mrds€ de chiffres d’affaires ;

  • PrĂšs de 3 M de vĂ©hicules vendus ;

En termes de rĂ©partition du chiffre d’affaires 🌍
5 marques phares 🚖

Renault, c’est aussi 5 marques phares (Renault, Dacia, Alpine, Mobilize & Lada).

Cependant, Renault c’est plus que ça 👇

Renault a aussi une participation de 43,4% dans le capital de Nissan Motor. đŸ‡ŻđŸ‡”

Cette participation dans Nissan est valorisĂ©e 7,1 Mds€.

De ce fait, Renault est le principal actionnaire de Nissan, et est trĂšs exposĂ© Ă  l’activitĂ© et les rĂ©sultats de Nissan.

Un mix gĂ©ographique trĂšs diffĂ©rent 🌍

Alors que Renault est trĂšs prĂ©sent en Europe et en Eurasie, Nissan est trĂšs prĂ©sent aux US, et naturellement au Japon et en Asie. 👇

De ce fait (aussi), Renault est donc trĂšs exposĂ© aux US, au Japon, et Ă  l’Asie. Nissan est trĂšs fort dans les pays ou Renault n’est peu ou pas prĂ©sent.

Pour finir, Nissan Motor đŸ‡ŻđŸ‡” est le principal actionnaire (Ă  34%) de Mitsubishi Motors đŸ‡ŻđŸ‡”. Cette participation ne vaut de 1,1 Mds€, mais elle renforce l’encrage japonais de Nissan, et me permet d’introduire le sujet de l’alliance. 👇

L’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi đŸ€

Au-delĂ  d’une participation financiĂšre, la participation dans Nissan est stratĂ©gique.

Pour info, Nissan détient aussi 15% de Renault (mais sans droit de vote).

Ces participations croisĂ©es sont la base d’une alliance visant Ă  Ă©laborer des stratĂ©gies communes entre les 3 constructeurs pour gagner des parts de marchĂ©, mais aussi, crĂ©er des synergies industrielles et technologiques.

Par exemple, en 2019, 39 % des vĂ©hicules de l’Alliance Ă©taient issus de plateformes communes. L’objectif annoncĂ© en 2020 est de viser le double en 2024.

Le but de cette alliance est de permettre à ces 3 constructeurs, de travailler ensemble sur un tas de sujets, et de jouer dans la cour des grands constructeurs intégrés comme Toyota ou Volkswagen, tout en restant indépendant. On mutualise la R&D, la technologie, on garde le meilleur de chacun mais on conserve son identité, son design etc. pour conquérir ses marchés.


Le point sur la situation 📰

Sur les 5 derniĂšres annĂ©es, Renault n’a pas brillĂ© boursiĂšrement. 👆

Une des raisons est l’arrestation de Carlos Ghosn le 19 novembre 2018 au Japon.

Sans revenir en dĂ©tail sur ce qui lui est reprochĂ©, cette affaire a empoisonnĂ© le newsflow de Renault pendant prĂšs de 2 ans. Au-delĂ  de la perte de son chef emblĂ©matique, Renault a Ă©tĂ© confrontĂ© Ă  une guerre des clans entre les partisans de Ghosn et la partie japonaise. Pendant, ces deux annĂ©es, le temps qu’un nouveau management se mette en place, beaucoup de rumeurs ont circulĂ©, notamment sur la fin de l’alliance etc. Tout cela n’a Ă©videmment pas contribuĂ© Ă  rassurer les investisseurs.

Au-delĂ  de l’aspect managĂ©rial, 2019 a aussi Ă©tĂ© une annĂ©e difficile pour l’ensemble des constructeurs automobiles. Les marchĂ©s industriels Ă©taient globalement en berne cette annĂ©e ce qui a mis Ă  mal la stratĂ©gie de volume mis en place par Carlos Ghosn.

En rĂ©sumĂ©, Renault a concentrĂ© de fin 2018 Ă  dĂ©but 2020 un newsflow trĂšs nĂ©gatif en raison de l’affaire Carlos Ghosn et la tendance morose des ventes de voitures dans le monde en 2019. Ce newsflow nĂ©gatif a logiquement incitĂ© les investisseurs Ă  la prudence sur le titre alors qu’il n’y avait plus de cap clair, plus de vrai capitaine Ă  la barre de l’entreprise.

Pour couronner le tout 👑

En 2020, le coronavirus 🩠 a impactĂ© l’ensemble de l’économie, et donc, aussi, le secteur automobile. Il faut l’avoir en tĂȘte, le secteur automobile est un secteur trĂšs cyclique. Quand il y a une vraie crise, l’automobile Ă©tant une dĂ©pense importante, les mĂ©nages ont tendance Ă  repousser leurs achats.

En conséquence, le cours de Renault a de nouveau baissé en 2020, suivant cette fois-ci, la tendance générale du marché.

2020, le renouveau ? đŸ’â€â™‚ïž

En Juillet 2020, Renault a nommĂ© un nouveau directeur gĂ©nĂ©ral, Luca de Meo, ex-dirigeant de Seat avec plus de 20 ans d’expĂ©rience dans le domaine automobile.

Cette nomination doit ĂȘtre vue comme un nouveau cap pour Renault. Luca de Meo semble ĂȘtre un trĂšs bon dirigeant, et veut solder l’hĂ©ritage de Carlos Ghosn. Il a mis en place un nouveau plan stratĂ©gique (“Renaulution”) visant « Ă  rĂ©orienter la stratĂ©gie du groupe Renault de la course au volume Ă  la crĂ©ation de valeur ». En bref, c’est la stratĂ©gie inverse que Carlos Ghosn avait mise en place.

Autre point d’amĂ©lioration, les relations avec l’alliance. Alors que les mĂ©dias ont fait beaucoup de bruit (du sensationnel comme toujours ? đŸ€Šâ€â™‚ïž) autour d’une possible fin de l’alliance et du dĂ©part de Nissan, c’est plutĂŽt l’inverse qui est en train de se produire. L’alliance semble se renforcer. Alors que Nissan a connu une annĂ©e 2020 trĂšs difficile, les tensions au sein de l’alliance se sont apaisĂ©es (par la force des choses ?) et les 3 groupes ont renforcĂ© leur coopĂ©ration. Il n’y a jamais eu autant de projets en commun, et les relations semblent dĂ©sormais apaisĂ©es, chacun ayant sans doute conscience de la nĂ©cessitĂ© de cette alliance. Ce renforcement de l’alliance devrait permettre de rĂ©duire encore plus les coĂ»ts, et ainsi, d’amĂ©liorer la rentabilitĂ© chez tous les membres de l’alliance.

Pour finir, l’annĂ©e 2020 a Ă©tĂ© une mauvaise annĂ©e pour la plupart des constructeurs. À ce titre, l’amĂ©lioration de la situation sanitaire devrait conduire Ă  une amĂ©lioration de la tendance du marchĂ© automobile, et donc, Ă  une forte reprise des ventes en 2021.


Ce qu’il faut retenir : Renault a peut-ĂȘtre touchĂ© son point bas en 2020. Le coronavirus n’a fait que couronner une succession de newsflow nĂ©gatif (Affaire Ghosn, remise en cause de l’alliance & mauvaise performance 2019) qui a dissuadĂ© les investisseurs de se positionner sur le titre. Aujourd’hui, tout semble rentrer dans l’ordre. Renault a de nouveau un dirigeant compĂ©tent Ă  sa tĂȘte. Avec le nouveau plan stratĂ©gique, le groupe a de nouveau un cap. Par ailleurs, les relations avec l’alliance semblent aller dans le bon sens, et une augmentation de la coopĂ©ration devrait se traduire par une baisse des coĂ»ts et une amĂ©lioration de la rentabilitĂ© chez tous les membres de l’alliance.


L’opportunitĂ© ? La valorisation đŸ·

Renault a actuellement une valorisation de 9,5 Mds€.

Pour comprendre cette valorisation, il faut avoir tous les Ă©lĂ©ments citĂ©s plus haut en tĂȘte, mais aussi les rĂ©sultats du groupe en 2020.

En 2020, Renault a connu une baisse de son chiffre d’affaires de -21,70%, et a publiĂ© une perte de 8 Mds€. Une nuance cependant, cette perte est principalement comptable, et elle est liĂ©e Ă  Nissan. Comptablement, Ă  partir d’un certain niveau, les entreprises sont obligĂ©es d’intĂ©grer les bĂ©nĂ©fices ou les pertes de leurs participations. Renault a Ă©tĂ© obligĂ© d’intĂ©grer, pour sa quote-part (43,5%), 4,9 Mds€ de pertes de Nissan. Il n’y a pas que Renault qui Ă©tait au fond du trou en 2020, Nissan l’était aussi.

Comme vous pouvez le voir ci-dessous, les rĂ©sultats de Renault devraient, selon le consensus, redevenir positifs en 2021, et s’amĂ©liorer drastiquement en 2022 et 2023.

En prenant en compte cette amĂ©lioration Ă  venir, on peut se rendre compte que la valorisation actuelle du groupe semble peu Ă©levĂ©e, avec un PER de 4,8x en 2022 et 3,45x en 2023. 👇

Par comparaison, Volkswagen đŸ‡©đŸ‡Ș affiche pour 2022 et 2023 un PER de 7,4x et 6,63x.

Chez Stellantis đŸ‡«đŸ‡· 🇼đŸ‡č, le PER 2022 est de 5x.

Un point Ă  retenir : Les valorisations dans le secteur automobile (hors Tesla Ă©videmment 🙃 ) sont trĂšs basses (mĂȘme chez les BMW ou Daimler les PER ne dĂ©passe pas les 9x) . La raison ? C’est un secteur en dĂ©clin (il y aura a priori moins de voitures dans le futur), mais surtout, c’est un secteur en pleine transformation avec la transition Ă©cologique. Avec le virage vers l’électrique, tous les constructeurs doivent investir massivement, ce qui diminue leur rentabilitĂ©. Leurs faibles valorisations intĂšgrent le risque qu’ils pourraient disparaĂźtre s’ils n’arrivaient pas Ă  se mettre Ă  la page face aux nouveaux acteurs du secteur.

👉 D’un point de vue “rĂ©sultats”, Renault semble donc ĂȘtre dans la fourchette basse des valorisations du secteur.


Par ailleurs, il y a un autre Ă©lĂ©ment qui peut permettre d’apprĂ©cier la faible valorisation du groupe, c’est par rapport Ă  ses actifs.

Renault a un Actif Net par Action de 94,4€ en 2021, soit un cours sur actif net de 0,37x. Dis autrement, si Renault arrĂȘtait toutes ses activitĂ©s, vendait ses usines et ses participations, pour chaque action (que vous payez 33€) vous recevriez 94€.

Pour comparaison, Stellantis Ă  un ratio Cours sur actif net de 0,84x, Volkswagen 0,80x, BMW 0,85x et Daimler 1,08x.

Par apport à ses actifs, Renault semble clairement sous évalué par rapport à ses concurrents.

Cette diffĂ©rence vient principalement de l’importante participation de Renault dans Nissan.

Renault a une valorisation de 9,5 Mds€ et sa participation dans Nissan vaut 7,1 Mds€.

Si l’on retranche ces 7,1 Mds€ de la participation de Nissan dans Renault (15% de Renault = 1,43 Mds€), on arrive à une participation nette dans Nissan de 5,67 Mds€.

Ce qui veut dire qu’en enlevant sa participation dans Nissan (5,67 Mds€), Les investisseurs valorisent le business de Renault seul 3,83 Mds€ (9,5 - 5,67 = 3,83).


Ce qu’il faut retenir : En termes de rĂ©sultats, Renault est dans la fourchette basse des valorisations du secteur. En termes d’actifs nets, Renault est trĂšs sous-valorisĂ© par rapport Ă  ses concurrents.


Mon avis sur Renault đŸ‘šâ€âš–ïž

Est-ce que Renault est l’entreprise qui va afficher la plus forte croissance du secteur automobile ? J’en doute. Est-ce que Renault a des produits rĂ©volutionnaires ? Je ne le crois pas non plus. Le groupe a des produits dans la lignĂ©e de ses concurrents avec des avantages dans certains segments.

Cependant, ce qui m’interpelle le plus dans ce dossier, c’est le potentiel de redressement des bĂ©nĂ©fices et la valorisation.

Alors que Nissan Ă©tait en difficultĂ© depuis 2019, et que Renault n’a pas brillĂ© en 2020 (la crise n’est pas intervenue au meilleur moment pour Renault), les deux groupes semblent avoir touchĂ© un point bas en termes de bĂ©nĂ©fices (une perte de 8 milliards pour Renault, c’est un point bas).

Le nouveau plan stratĂ©gique du groupe doit permettre Ă  Renault de rĂ©duire ses coĂ»ts, et surtout, de retrouver le chemin d’une croissance rentable coĂ»te que coĂ»te, par rapport Ă  la stratĂ©gie d’avant qui devenait rentable qu’à partir d’un certain volume de production.

Par ailleurs, le secteur automobile devrait profiter dans sa globalitĂ© de la reprise Ă©conomique mondiale. Le groupe Renault Ă©tant sur un segment moyen gamme, il a pu ĂȘtre plus impactĂ© que la moyenne par cette crise, du fait de la prudence des classes moyennes (le luxe Ă©tant moins impactĂ©).

Dans ce contexte, le potentiel de redressement des bénéfices du groupe est trÚs important.

Par ailleurs, la valorisation de Renault me semble trÚs attractive compte tenu du contexte interne au groupe et macroéconomique.

Les marchĂ©s financiers sont souvent dans l’exagĂ©ration, Ă  la hausse ou Ă  la baisse. Manifestement, sur Renault, nous ne sommes pas dans un cas d’exagĂ©ration Ă  la hausse (n’est pas Tesla qui veut). Le groupe a une valorisation trĂšs faible qui peut s’expliquer par la perte de confiance des investisseurs ces derniĂšres annĂ©es en raison de l’affaire Carlos Ghosn, des craintes sur l’alliance et de la mauvaise performance du groupe en 2019 et en 2020.

Pour moi, cette valorisation se normalisera sur les prochaines annĂ©es quand les rĂ©sultats financiers se redresseront chez Renault, mais aussi chez Nissan, et que le nouveau plan “Renaulution” portera ses fruits.

Renault doit regagner la confiance des investisseurs, et ce genre de chose prend toujours un peu de temps. Il va falloir que le nouveau management dĂ©montre que sa stratĂ©gie marche, et qu’elle se traduit par une hausse des ventes, mais surtout par un redressement de la rentabilitĂ© et des bĂ©nĂ©fices.

Au boulot Luca ? :)

L’objectif, dans 2 ans 👇

Faut-il acheter Renault maintenant ? đŸ€”

Mon objectif personnel est un retour vers les 60 € (au minimum), soit une hausse de prùs de +78% par rapport au cours actuel.

Si votre horizon d’investissement est de 3 à 5 ans (ou plus, dans une optique long terme), vous pouvez acheter dùs maintenant l’action Renault.

Si votre horizon est davantage court moyen/terme, j’aurais tendance Ă  constituer qu’une demi-position, alors que la crise des semi-conducteurs touche la plupart des constructeurs automobiles mondiaux, et que cette crise n’a pas encore trop affectĂ© Renault (un risque sur le 2e trimestre).

Comment jouer la hausse du titre ? 📈

Pour les tradi 🏎

L’action Renault est Ă  dĂ©tenir dans un PEA/Compte titre. C’est une valeur Ă  dĂ©tenir sur le moyen terme (3-5 ans).

L’action Renault est cotĂ©e sur Euronext sous le code “RNO”.

Pour les amateurs de sensations fortes 🚀

Vous pouvez jouer le rebond du titre via 2 warrants chez Société Générale, dans un compte titre.

  • Le Warrant Call Renault 39,50€ Ă  mars 2022 (code 25Z1S 👉 lien ici)

  • Le Warrant Call Renault 49,50€ Ă  mars 2022 (code 98T1S 👉 lien ici)

Pour celles et ceux qui ne savent pas ce qu’est un warrant đŸ’č, vous pouvez (devez ?) lire notre dossier qui explique tout ce qu’il faut savoir sur les warrants, et comment s’en servir intelligemment. (Dossier 👉 lien ici)


Nous rejoindre 👋

Si vous souhaitez dĂ©couvrir chaque semaine des idĂ©es d’investissement avec une approche mixant les fondamentaux et le contexte de marchĂ© (comme par exemple - Une pĂ©pite de la robotique Ă  saisir ? đŸ€– đŸ”„), vous pourriez ĂȘtre intĂ©ressĂ©s par notre abonnement Premium.

Rejoindre le Fortress Club Premium, c’est recevoir toutes nos idĂ©es d’investissement ou nos dossiers en temps rĂ©el, mais c’est aussi avoir accĂšs Ă  nos portefeuilles & Ă  notre communautĂ© d’investisseurs.

Tout ça, pour seulement 60€/an, soit 5€/mois ou 1€/semaine.


Si vous avez la moindre question n’hĂ©sitez pas Ă  m’écrire Ă  —

mathieu@fortress-newsletter.com

Au plaisir d’échanger avec vous,

Mathieu Bouchant


Et n’oubliez pas
 Soyez conscient(e) des risques.

Tous les investissements (en bourse ou ailleurs) comportent des risques de perte en capital. Plus un investissement peut rapporter, plus il est risquĂ©. N’investissez que l’argent dont vous n’avez pas besoin. Les informations prĂ©sentĂ©es dans notre newsletter ou sur notre site vous sont communiquĂ©es Ă  titre purement informatif et ne constituent ni un conseil d’investissement, ni une offre de vente, ni une sollicitation d’achat. Cette newsletter est faite pour ceux qui souhaitent se lancer dans le monde de l’investissement. Il est primordial de toujours rĂ©flĂ©chir avant d’agir dans ce domaine.